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Thursday, September 26, 2013

HUIZINGA ON GOETHE

AM | @HDI1780

"Maar zij gaven de wereld een Bach en een Goethe" — Johan Huizinga

There are some books that one buys just because of an idea, a sentence, a line. This happened to me a few years back while wandering through the bookshelves of the wonderful De Slegte in Amsterdam. The book in question was a grim account of the state of Western civilization by Dutch historian Johan Huizinga. Published in 1945, its title was suggestive enough: Geschonden wereld ("The world disfigured"). Yet Huizinga saw light at the end of the tunnel. Here's the line that prompted me to buy it:

Goethe is niet te denken in een Duitschen eenheidstaat.

* * *

The idea that knowledge may be "dwarfed by authority" can be traced to David Hume's essay "Of the rise and progress of the arts and sciences" (1742). In order to be allowed to flourish, says Hume, the arts and sciences must "break the progress of authority":

If we consider the face of the globe, EUROPE, of all the four parts of the world, is the most broken by seas, rivers, and mountains; and GREECE of all countries of EUROPE. Hence these regions were naturally divided into several distinct governments. And hence the sciences arose in GREECE; and EUROPE has been hitherto the most constant habitation of them.

The argument is applied to China, where "the sciences have made so slow a progress". In the 1780 edition of Histoire des deux Indes (i.xx, pp. 125ff), Diderot further develops Hume's idea in his brilliant discussion of China [see] (*).

(*) See Anthony Pagden's excellent review of the leading Aufklärer views on China, in chapter 6 of The Enlightenment and why it still matters. Oxford University Press, 2013.
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Wednesday, March 14, 2012

LA CHINE & 'L'ESPRIT D'INVENTION'
"Quel fruit espérer d'un exercice si contraire à la nature?" — Diderot 

AM | @agumack

La lecture du Financial Times est pour moi un must; c'est une source d'information indispensable pour mes cours d'économie politique. Jamil Anderlini, journaliste à Shanghai, publie un très intéressant article sur les problèmes de la Chine en matière d'innovation. Le titre en dit long: "Autocratic directives fail to spark creativity" [1]. La censure, la lenteur d'internet (afin de mieux surveiller la population), la corruption, le manque de transparence: voilà autant de difficultés pour les innovateurs.

N'est-ce pas exactement ce qu'anticipait l'Histoire des deux Indes? Raynal se demande si la préoccupation pour la stabilité, endémique chez les chinois, ne va pas à l'encontre de l'esprit d'invention: "Un respect outré pour l'antiquité, les asservit à tout ce qui est établi. Toutes ces causes réunies ont dû ôtér aux Chinois l'esprit d'invention. Il leur faut des siècles pour inventer quelque chose" (HDI 1780, i.20, p. 143). Diderot va plus loin. D'emblée, il constate que le savoir abstrait y est mal vu, à cause de l'excès de population:

...c'est le peu de progrès des sciences & des arts, depuis l'époque très éloignée qu'on les y cultive. Les recherches s'y sont arrétées au point où, cessant d'être utiles, elles commencent à devenir curieuses. Il y a plus de profit à l'invention du plus petit art pratique, qu'à la plus sublime découverte qui ne montreroit que du génie. On fait plus de cas de celui qui sait tirer parti des recoupes de la gaze, que de celui qui résoudroit le problème des trois corps.

Puis il se déchaîne contre le despotisme chinois, la véritable cause du manque de "lumières" (HDI 1780, i.21). Les inconvénients se suivent et se ressemblent: failles du système éducatif et judiciaire ("...la connaissance de la langue est le dernier terme de la science... la justice est d'une vénalité sans exemple..."), manque d'honnêteté des commerçants, etc. Bref, les arguments de Voltaire et des physiocrates en faveur de la Chine le laisseront indifférent, à moins que:

...on nous apporte de Pekin des ouvrages de philosophie supérieurs à ceux de Descartes & de Locke; des traités de mathématique à placer à coté de ceux de Newton, de Leibnitz & de leurs successeurs; des morceaux de poésie, d'éloquence, de littérature & d'érudition que nos grands écrivains daignent lire, & dont ils soient forcés d'avouer la profondeur, la grace, le goût & la finesse; [...] des instruments de physique, des machines où notre infériorité soit bien démontrée [2].

[1] Financial Times, 26 octobre 2011.

[2] A propos des "machines", voici justement M. Anderlini: "...some top Chinese scientists were quick to dismiss the invention of Tianhe-1, the world's fastest supercomputer, as little more a than propaganda stunt and it soon emerged that almostall the chips used to build the machine were made by Intel and Nvidia, a US computer animation company".
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